Hello,
Je vous avais promis des posts qui sentent le mucus, et je tiens parole !
Comme c'est paraît-il, de circonstance aussi, je me dois de vous donner une rétrospective de l'année écoulée.
Mais non, vous n'allez pas vous taper votre 847ème vidéo filmée à la gopro-qui-donne-la-nausée en vous farcissant une bande son "que vous vous demandez où le mec qui écrit il a pu trouver ça", ou s'il est tout simplement sourd.
En réalité je l'avoue, si je publie une rétrospective, ce n'est que dans un seul but : conjurer le mauvais sort, éloigner l’œil qui s'est acharné à faire pleurer les nuages vosgiens cette année, oublier 2013 pour mieux repartir.
Et bien entendu, vous faire profiter aussi, mais ça on le savait.
2013 est l'année dont j'espère que la météo ne se répétera pas de sitôt. Si mes souvenirs sont exacts, on a quand même eu droit, par ici, à :
- Beaucoup de neige sur les sommets à la fin mars,
- Des chutes de neige à la mi-avril,
- Une fonte de neige lente et de l'eau à 6°C en mai,
- (Un mois de juin à peu près pêchant),
- Un étiage caniculaire en juillet / août,
- (2 semaines de pêche en septembre),
- 3 mois de crue sur la Moselle,
- (5 jours de non-crue ensoleillés sur la Moselle fin novembre),
- (5 jours de non-crue presque ensoleillés sur la Moselle en décembre).
Bon, ça ne nous aura pas empêchés de nous amuser un peu, et de titiller les poissons alsaciens.
Et puis, comme je ne suis pas rancunier, je dois avouer qu'en ce début janvier, j'ai déjà oublié le goût amer des vraies grosses galères 2013. Ces jours où il semble impossible de voir le moindre poisson, ces pics de crue qui ébranlent l'agenda,ces éclosions massives qui ne déclenchent aucun gobage, etc.
Ne restent que les vrais bons souvenirs, ceux sur lesquels je m'endors chaque soir. Ceux où l'on se dit "merde, c'était comme dans les films". Ceux qui font tenir encore quelques semaines avant la reprise.
Pêle-mêle, dans le désordre le plus complet, je ne cesse de revoir le film de : (pardonnez si vous apparaissez pas, hein, ce n'est pas que je ne vous aime pas ou n'aie pas apprécié de passer un moment avec vous. Juste que les photos sont pas toutes parlantes...)
Une sortie pike à la mouche, le 1er janvier 2013.
Sous une pluie ininterrompue, trempés jusqu'au Damart, glacés par le vent du nord perçant. Mais heureux comme des (grands) gosses quand ça tire :
La première jolie truite de la Fecht pour la saison, prise après 3 minutes environ de pêche. Et là tu te dis "wahou, cette année ça va tout déchirer !" (note : lancer la vidéo pour se remettre dans l'ambiance du moment - tout y est, y compris les yeux exorbités).
Un broc metré pour un fêlé du brochet à la mouche, qui le mérite vraiment par son acharnement et la passion qu'il met dans sa pêche. Ce jour là on en perd un autre du même calibre, je reverrai à jamais ses chandelles en mode "flipper le dauphin", quand il a avancé sur plusieurs mètres, hors de l'eau, avant de nous fausser compagnie :
Un jour banal, voire difficile, où en quelques instants toutes les truites d'un petit lisse se sont mises à table pour gober, gober, gober encore...
Le sourire d'un type qui me dit en quittant Munster, un truc du genre : "ah, si seulement je piquais un jour un ombre", au moment où il tenait son tout premier Thymallus :
Un coup du soir magique, avec des gens qui apprécient la pêche dans sa dimension la plus profonde. Des ombres à table, encore, encore et encore. Un silence de marbre sur la route du retour, y'a rien a rajouter, on a tous eu notre orgasme halieutique. Vous racontez votre vie à votre conjoint(e), vous, après l'amour ?
L'odeur des prés fauchés, la fraîcheur du soir qui tombe enfin :
Une jolie fario entr'aperçue en juin, et qui s'est faite discrète ensuite. Dans un ruisseau d'à peine 2m de large, le long d'un mur, elle était de sortie, un jour où je ne pensais plus à elle. J'avais fini par me faire à l'idée qu'un pêcheur lui avait brisé la nuque puis remplie d'oignons et d'amandes. Et non, elle était toujours si jolie, si lisse, si vaillante. Elle y est toujours d'ailleurs.
Un après-midi entier à ferrer des ombres à plus de 20 mètres.
Dans une lumière jaunâtre qui annonce la fin de l'été. Souvenirs mélancoliques d'odeurs de cahiers, de crayons neufs, de "merde, les vacances sont finies". Dans l'odeur humide des premières feuilles d'érable tombées à terre, une température idéale pour pêcher en chemise. Pas trop chaud, pas frais pour autant. La réverbération du soleil picote un peu les joues, mais vraiment juste un peu. Les ombres sont loin, à gober tout ce qui passe. Pas possible de les approcher plus. Alors FSSSSSSSCHT fait la soie sur le ferrage. Ça dure une fraction de seconde et pourtant, plein de trucs passent par la tête en un temps record. Le diablotin chante : "encore un de loupé, gros malin - tu ferres trop tard". Dans l’hémisphère droit, un angelot répond : "mais non mon lapin, t'es pile dedans - encore un de piqué." C'est le combientième déjà ? Je sais plus. Rémy est en avance sur moi. Je m'en fous. C'est juste bon. J'espère qu'un autre montera, quand j'aurais séché ma mouche. FSSSSSSSCHT....
Une nouvelle saison s'installe, et déjà je me réjouis de les retrouver tous : les primevères, "ma" rivière, l'odeur de mousse des murs de berge.
Les potes, les clients, les yeux qui pétillent, les mains qui tremblent d'excitation. Le moment où les nœuds barils se serrent pour former 2 cônes propres de part et d'autre du bas de ligne. La dérive parfaite, où tu prédis le moment où aura lieu la touche : "ça y va, ça y va, ça y va - attention... PAF !"
Et puis FSSSSSSSCHT. FSSSSSSSCHT. FSSSSSSSCHT.
@ bientôt,
Gilles.


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